En reprogrammant les cellules du système immunitaire, des chercheurs espèrent stopper le rejet des biomatériaux et améliorer la régénération osseuse.

Les grands défauts osseux sont d’importantes pertes de substances osseuses qui peuvent survenir après l’ablation d’une tumeur, à la suite d’une infection ou d’un traumatisme. Ces «trous» sont trop importants pour que l’organisme puisse les combler et nécessitent une intervention médicale.

Les approches actuelles sont notamment l’insertion de biomatériaux pour favoriser la régénération osseuse. Or, nombre de ces matériaux sont détectés par le système immunitaire de l’organisme qui les rejette, ce qui déclenche une inflammation. Cela peut donc ralentir la guérison au lieu d’induire une réponse régénératrice.

«Les chercheurs comme nous essaient maintenant de travailler avec le système immunitaire plutôt que contre lui», explique Cansu Gorgun, ancienne boursière Actions Marie Skłodowska-Curie (MSCA) au
Collège royal de chirurgie d’Irlande(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre) et aujourd’hui chercheuse titulaire à l’université de Gênes. «En nous appuyant sur ce que nous appelons l’immuno-ingénierie, nous essayons d’affiner la réponse de l’organisme afin que l’environnement devienne plus favorable à une régénération correcte des tissu», ajoute-t-elle.

Dans le cadre du projet METABOLATE financé par le MSCA, Cansu Gorgun et ses collègues ont concentré leurs recherches sur les vésicules extracellulaires (VE), de minuscules particules libérées par les cellules de l’organisme et qui transportent des signaux de communication biologique. Cansu Gorgun s’était fixé pour objectif de développer un échafaudage contenant des VE afin de maximiser la réparation osseuse.

L’idée était que, lorsqu’elles sont attachées à des biomatériaux, les VE peuvent transférer ces messages biologiques aux cellules environnantes de la zone osseuse endommagée et stimuler le processus de guérison.

«Nous savons par expérience que les VE des cellules souches améliorent la régénération osseuse plus efficacement que les cellules elles-mêmes», confie Cansu Gorgun. «Mais personne n’avait encore testé cela en utilisant des VE dérivées de cellules immunitaires humaines, et c’est précisément ce que notre projet entendait faire.»…

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