Les maladies neurologiques constituent l’un des défis sanitaires les plus urgents et dont l’ampleur augmente le plus rapidement en Europe. Les progrès réalisés dans le domaine de la médecine des cellules souches grâce au projet NSC-Reconstruct financé par l’UE pourraient inaugurer des traitements ciblés et efficaces.

Avec le vieillissement de la population européenne, l’incidence des maladies neuro-dégénératives débilitantes et incurables a augmenté. Elles sont la première cause d’invalidité en Europe, affectant une personne sur trois, et les traitements actuels se limitent en grande partie à soulager les symptômes. Le projet NSC-Reconstruct s’était fixé pour objectif de faire progresser la médecine régénérative afin de permettre la réparation des tissus cérébraux endommagés grâce à l’implantation de cellules neuronales issues de cellules souches.

«Le remplacement des cellules neurales, basé sur les technologies des cellules souches et sur la reprogrammation cellulaire, est l’une des options thérapeutiques futures les plus prometteuses», explique la coordinatrice du projet, Elena Cattaneo, professeure de pharmacologie à l’université de Milan en Italie. «Nous espérons que les traitements de régénération neuronale adaptés aux besoins de différentes maladies telles que la maladie de Parkinson (MP) ou la maladie de Huntington (MH) pourront un jour profiter aux millions de patients dans le monde.»

Contrer le rejet par le système immunitaire

Le projet combine plusieurs approches biotechnologiques innovantes, notamment l’ingénierie des cellules souches, la conception de vecteurs viraux, la chimiogénétique, la protéomique spatiale et l’imagerie avancée.

Le projet a commencé par développer des protocoles pour transformer les cellules souches en neurones qui dégénèrent dans la MP ou la MH. Il s’agit notamment des neurones dopaminergiques du mésencéphale, des neurones à épines moyennes et des neurones cholinergiques du cerveau antérieur basal.

Afin de déterminer si ces cellules pourraient être correctement absorbées, une lignée de cellules souches appelée H9-Bi-DREADD a été développée. Celle-ci peut être activée ou désactivée par l’administration de molécules spécifiques. L’équipe a ainsi pu moduler l’activité du greffon après la transplantation.

«Enfin, nous avons abordé la question du rejet par le système immunitaire, l’un des principaux défis de la médecine régénérative», explique Elena Cattaneo. «Pour ce faire, nous avons développé des cellules hypo-immunes génétiquement modifiées afin d’améliorer la survie du greffon.»…

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