Parfois, pour voir grand pour la planète, il faut s’intéresser aux petites choses. La recherche de microbiomes bénéfiques dans les mers et les océans constitue un bon point de départ.

Notre relation avec les micro-organismes bénéfiques qui nous entourent fait partie intégrante de notre évolution: la première fermentation, vers 7000 av. J.-C. les bactéries fixatrices d’azote découvertes à la fin du XIXe siècle, et la découverte de la pénicilline au début du XXe siècle en sont autant d’exemples.

Les maladies infectieuses continuent de menacer la santé humaine, l’aquaculture et l’agriculture, tandis que la résistance aux antimicrobiens (RAM) réduit l’efficacité de nombreux traitements antibiotiques existants.

Dans le même temps, les agriculteurs et les aquaculteurs subissent des pressions pour réduire leur dépendance vis-à-vis des antibiotiques conventionnels et des pesticides chimiques.

Le projet MARBLES, financé par l’UE, a été conçu pour relever ces défis mondiaux en identifiant des solutions microbiennes naturelles issues du milieu marin susceptibles de contribuer à la prévention des maladies, à l’amélioration de la santé des cultures et des poissons, et potentiellement à de futures applications dans le domaine des soins de santé.

Mariana Avalos Garcia, gestionnaire du projet MARBLES à l’université de Leyde, aux Pays-Bas, explique que les scientifiques n’ont exploré qu’une infime fraction de la diversité microbienne mondiale.

«Les milieux marins sont particulièrement prometteurs car les organismes y ont développé des mécanismes uniques pour survivre à une concurrence intense, aux maladies et au stress environnemental. Ce faisant, ils produisent souvent, pour se protéger, des composés inédits qui ne ressemblent à rien de ce que l’on trouve sur terre», note Mariana Avalos Garcia.

MARBLES s’est donc intéressé à cette biodiversité marine largement inexploitée comme source de nouveaux composés anti-maladies et de microbes bénéfiques.

L’équipe s’est concentrée sur les éponges marines, qui présentent un intérêt particulier car elles abritent des communautés microbiennes extrêmement diversifiées, connues pour produire de nombreux produits naturels. Les microalgues et les poissons ont été choisis en raison de leur pertinence directe pour l’aquaculture et la production durable de cultures vivrières.

Gilles van Wezel, coordinateur du projet MARBLES et professeur de biotechnologie moléculaire à l’université de Leyde, ainsi que son équipe, souhaitaient également trouver des solutions de lutte contre les maladies pour l’aquaculture et l’agriculture.

«Traditionnellement, la lutte contre les maladies repose largement sur les antibiotiques, les pesticides chimiques et d’autres traitements de synthèse. Bien que souvent efficaces, ces approches peuvent contribuer à la RAM, contaminer l’environnement et avoir des impacts sur des organismes non ciblés», explique-t-il…
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