En s’appuyant sur une approche de médecine systémique axée sur les mécanismes pathologiques, le projet REPO-TRIAL, financé par l’UE, s’efforce de trouver de nouvelles applications aux produits pharmaceutiques existants, afin de considérablement réduire le temps et les coûts nécessaires au développement de nouveaux médicaments.

Depuis des décennies, les traitements destinés à des maladies complexes telles que le diabète, le cancer et les maladies cardiovasculaires se sont concentrées sur la gestion des symptômes plutôt que sur les causes profondes. Malgré d’énormes investissements dans la recherche pharmaceutique, l’efficacité reste limitée et de nombreux essais échouent, privant les patients de traitements ou leur proposant des traitements peu efficaces.

Le projet REPO-TRIAL entend surmonter cet obstacle

«La médecine moderne définit encore largement les maladies en fonction des organes et des symptômes», explique le coordinateur du projet, Harald Schmidt, professeur de pharmacologie à l’université de Maastricht. «Or, la plupart des mécanismes pathologiques sont communs à plusieurs organes, ce qui requiert une approche fondée sur la médecine systémique. Si nous voulons des traitements précis et curatifs, nous devons identifier et cibler ces mécanismes responsables.»

Afin d’accroître non seulement la précision, mais aussi la rapidité et la sécurité, REPO-TRIAL a combiné cette approche avec le
repositionnement de médicaments, c’est-à-dire la recherche de nouvelles applications pour des médicaments déjà homologués. Deux essais in silico et des techniques biostatistiques avancées ont contribué à cette avancée.

Des silos d’organes aux modules de maladies

La variabilité de la réponse du patient constitue un obstacle majeur à la thérapie médicamenteuse basée sur les symptômes. L’efficacité d’un médicament peut varier, car des patients regroupés sous un même diagnostic peuvent présenter des mécanismes pathologiques sous-jacents fondamentalement différents.

REPO-TRIAL a abordé cette question en appliquant des approches issues de la médecine des systèmes et des réseaux afin de redéfinir les maladies au niveau des réseaux d’interactions protéine-protéine (modules) à l’origine des causes, qui provoquent souvent des symptômes dans plusieurs organes. Grâce à la modélisation in silico, à l’intégration multi-omique et à des biomarqueurs mécanistiques, le consortium a identifié ces modules au-delà des frontières traditionnelles entre les maladies et les a mis en évidence dans des échantillons provenant de biobanques.

L’équipe a ainsi pu associer des médicaments pré-approuvés à des patients précisément identifiés, plutôt qu’à des étiquettes diagnostiques générales, ce qui a permis d’appliquer une thérapie curative de précision…

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