De nouveaux modèles expérimentaux révèlent pourquoi certains lymphomes agressifs résistent au traitement. Ces résultats pourraient ouvrir la voie à des traitements plus personnalisés.

L’une des formes les plus fréquentes et les plus agressives de lymphome non hodgkinien est le lymphome diffus à grandes cellules B (LDGCB). Si de nombreux patients répondent bien au traitement, une proportion importante développe une maladie résistante, ce qui souligne la nécessité de nouvelles stratégies thérapeutiques. Les patients atteints d’un lymphome
positif au virus d’Epstein-Barr (EBV) présentent généralement un pronostic moins favorable, mais les mécanismes biologiques à l’origine de cette résistance aux traitements restent mal compris.

Avec le soutien du programme Actions Marie Skłodowska-Curie, le projet CoMAnD s’est donné pour objectif de comprendre comment l’infection par l’EBV, les oncogènes et le microenvironnement tumoral interagissent pour influencer l’évolution de la maladie et la réponse aux traitements.

La biologie du lymphome agressif

L’oncogène MYC est fréquemment surexprimé dans les lymphomes agressifs. À lui seul, toutefois, il ne suffit pas à déclencher le développement du cancer, car il favorise également la mort cellulaire programmée, ou apoptose. D’autres facteurs sont donc nécessaires pour permettre aux cellules malignes de survivre.

Dans ce contexte, le projet s’est intéressé aux interactions entre l’EBV et l’oncogène MYC dans le LDGCB. Le virus d’Epstein-Barr fournit aux lymphocytes B infectés de puissants signaux favorisant leur croissance et leur survie, ce qui en fait un acteur probable de la progression tumorale.

«Nous avons émis l’hypothèse que MYC et l’EBV agissent en synergie pour favoriser le développement d’un LDGCB agressif», explique la chercheuse Aisling Ross.

Le projet s’est également intéressé au microenvironnement tumoral, désormais considéré comme un régulateur essentiel du développement des cancers. Au-delà des cellules tumorales elles-mêmes, les cellules immunitaires, les cellules stromales et la matrice extracellulaire peuvent favoriser la croissance tumorale, inhiber la réponse immunitaire et réduire l’efficacité des traitements.

«Le microenvironnement tumoral des LDGCB positifs pour l’EBV reste encore mal connu, notamment la manière dont l’EBV et d’autres oncogènes comme MYC le modulent», souligne Aisling Ross…

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