Les cellules peuvent piéger physiquement les bactéries envahissantes avant de les détruire. Cette découverte pourrait inspirer de nouveaux traitements antimicrobiens qui renforcent l’immunité naturelle.

Chaque année, les bactéries Shigella sont à l’origine d’environ 160 millions de cas de maladie dans le monde. Une fois à l’intérieur des cellules humaines, ces agents pathogènes échappent à de nombreuses défenses immunitaires conventionnelles, ce qui les rend difficiles à éliminer et contribue au problème croissant de la résistance aux antimicrobiens.

Le projet ENTRAPMENT, financé par le CER, a mis en lumière un allié inattendu dans la lutte contre ces bactéries intracellulaires: lesseptines. Il s’agit d’un composant peu étudié du squelette interne de la cellule, capable de piéger physiquement les microbes envahisseurs et de les marquer en vue de leur destruction.

Un nouveau rôle pour le cytosquelette de la cellule hôte

Les septines sont des protéines formant des filaments, essentiellement connues pour leur rôle dans la division cellulaire. Avant le projet ENTRAPMENT, nous ne savions que peu de choses sur leur contribution à l’immunité. Le projet a radicalement changé cette vision en démontrant que les septines agissent comme un système de défense actif contre les infections bactériennes.

«Lorsque des agents pathogènes humains importants, comme Shigella, franchissent la membrane cellulaire et se déplacent dans le cytosol, les septines reconnaissent et piègent les bactéries en phase de réplication active dans des structures en forme de cage», explique le chercheur principal, Serge Mostowy.

Le piégeage dans ces cages de septines limite la réplication et la dissémination des bactéries, agissant ainsi comme un facteur déterminant structurel de la défense de l’hôte qui s’ajoute aux défenses immunitaires conventionnelles. Parallèlement, elles mobilisent le processus de recyclage intracellulaire appelé autophagie, permettant ainsi aux cellules infectées d’éliminer les agents pathogènes piégés.

Cette découverte montre que le cytosquelette offre davantage qu’un cadre structurel. Elle le révèle comme un acteur direct de l’immunité cellulaire autonome, c’est-à-dire la capacité des cellules individuelles à se défendre contre les microbes envahisseurs…
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